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Pictogrammes chimiques : les 9 symboles de danger à maîtriser pour votre sécurité

Adrien Martin 5 min de lecture
Pictogrammes chimiques CLP sur une étiquette de danger chimique en buanderie industrielle

Un losange blanc bordé de rouge sur une étiquette de produit ménager, un flacon de laboratoire ou un fût de solvant : ce symbole n’est jamais décoratif. Depuis le 1er juin 2015, tous les produits chimiques mis sur le marché européen, qu’il s’agisse de substances pures ou de mélanges, doivent porter l’un des neuf pictogrammes de danger définis par le règlement CLP. Comprendre la signification de ces symboles, leur origine et leur localisation est une compétence indispensable pour garantir la sécurité, que ce soit au poste de travail ou dans les gestes du quotidien.

Les 9 pictogrammes de danger et leurs significations

Le système repose sur neuf symboles, chacun associé à une famille de dangers précise. Un même produit peut en cumuler plusieurs si ses propriétés le justifient, comme un solvant à la fois inflammable et toxique.

Tableau récapitulatif des 9 pictogrammes chimiques de danger SGH
Tableau récapitulatif des 9 pictogrammes chimiques de danger SGH

Les dangers physiques : explosion, feu, pression

Le pictogramme SGH01, une bombe qui explose, signale les substances et objets explosibles ou les produits auto-réactifs susceptibles de détoner sous l’effet d’un choc, d’une friction ou de la chaleur. Le SGH02, une flamme, couvre les produits inflammables : gaz, aérosols, liquides et solides qui s’enflamment facilement, mais aussi les substances pyrophoriques, capables de s’enflammer spontanément au contact de l’air, ou auto-échauffantes. Le SGH03, un rond en feu, désigne les comburants, des substances qui alimentent ou intensifient la combustion d’autres matières, à l’image de certains peroxydes organiques. Enfin, le SGH04, une bouteille de gaz, s’applique aux gaz sous pression, répartis en quatre catégories : gaz comprimés, gaz liquéfiés, gaz liquéfiés réfrigérés (ou fluides cryogéniques) et gaz dissous. C’est ce pictogramme que l’on retrouve sur une bouteille d’azote liquide ou de propane.

Les atteintes directes à l’organisme

Le SGH05, une éprouvette qui coule sur une main et une surface, indique un pouvoir corrosif : brûlures cutanées, lésions oculaires graves ou corrosion des métaux. On le trouve sur des produits d’entretien puissants comme certains déboucheurs. Le SGH06, la tête de mort sur deux tibias croisés, signale une toxicité aiguë, soit un risque d’intoxication sévère, voire mortelle, après ingestion, inhalation ou contact cutané, même à faible dose. Le SGH08, un buste dont la poitrine irradie, couvre les effets graves et souvent différés sur la santé : cancérogénicité, mutagénicité, toxicité pour la reproduction, sensibilisation respiratoire ou toxicité par aspiration. Ses effets peuvent n’apparaître que des années après l’exposition.

Les dangers plus diffus : irritation et environnement

Le SGH07, un point d’exclamation, regroupe des dangers modérés mais réels : irritation cutanée ou oculaire, effets narcotiques, sensibilisation cutanée, ou encore une action nocive sur la couche d’ozone. C’est un pictogramme fréquent sur des produits d’usage courant. Le SGH09, un poisson et un arbre morts, signale la toxicité pour le milieu aquatique, qu’elle soit aiguë ou chronique. C’est un point de vigilance avant tout rejet dans un évier, un caniveau ou un cours d’eau.

D’où viennent ces symboles : du SGH des Nations Unies au règlement CLP

Avant l’harmonisation, chaque pays utilisait ses propres codes d’étiquetage, ce qui compliquait le commerce international et la compréhension des risques. Les Nations Unies ont élaboré le Système Général Harmonisé (SGH) pour uniformiser la classification des produits chimiques. L’Union européenne a transposé ce système via le règlement (CE) n° 1272/2008, dit règlement CLP (Classification, Labelling, Packaging), entré en vigueur le 20 janvier 2009.

Comprendre le règlement CLP sur les substances dangereuses : Découvrez les règles européennes essentielles pour la classification, l’étiquetage et l’emballage des produits chimiques afin d’assurer la sécurité au travail.

La transition s’est faite progressivement. Les anciens symboles européens, des carrés orange à pictogramme noir, ont cohabité avec le nouveau système. L’obligation d’étiquetage CLP s’est appliquée aux substances pures dès 2010, puis aux mélanges à compter du 1er juin 2015. Les nouveaux pictogrammes, sous forme de losanges blancs cerclés de rouge, sont pleinement en vigueur depuis juin 2017. Ce changement visuel, avec un rouge vif et une forme plus anguleuse, a été choisi pour maximiser la reconnaissance instantanée, y compris en vision périphérique.

Où trouver les pictogrammes et comment les lire

Sur une étiquette, le pictogramme est accompagné d’une mention d’avertissement (« Danger » ou « Attention »), d’une mention de danger précisant le risque et de conseils de prudence. Pour les professionnels, la fiche de données de sécurité (FDS) reste le document de référence. Les pictogrammes y figurent à la rubrique 2.2, aux côtés de la classification complète.

Quand plusieurs pictogrammes s’appliquent, le règlement CLP prévoit des règles de priorité pour éviter la redondance visuelle. Cela explique pourquoi deux produits aux dangers proches peuvent afficher un nombre différent de symboles. Il est interdit de transvaser un produit dans un contenant qui ne porte pas les pictogrammes d’origine, même pour un usage personnel. Un pot de confiture réutilisé pour stocker un désherbant supprime cette information vitale, avec des conséquences parfois dramatiques.

Ce que la réglementation impose aux entreprises

L’employeur qui manipule ou stocke des produits chimiques doit former ses salariés à reconnaître ces symboles et à adopter les bons réflexes. Cette obligation découle du principe général de prévention posé par l’article L4121-1 du Code du travail. Concrètement, cela implique une formation au risque chimique adaptée aux produits présents sur le site et un affichage des consignes de sécurité aux postes de travail.

Les fiches de données de sécurité doivent être tenues à jour et accessibles à tout moment aux salariés exposés. Les entreprises les plus rigoureuses associent à chaque zone de stockage une signalétique reprenant les pictogrammes, facilitant ainsi l’identification immédiate en cas d’incident par les services de secours.

Cas particuliers : quand les pictogrammes CLP ne s’appliquent pas

Certaines catégories de produits échappent à l’étiquetage CLP classique, car elles relèvent de réglementations sectorielles spécifiques. C’est le cas des cosmétiques, des médicaments, ou encore des denrées alimentaires et aliments pour animaux. Un dissolvant pour ongles ou un médicament contenant une substance dangereuse ne porteront pas les losanges rouges du CLP, mais des mentions propres à leur cadre réglementaire. Cette distinction évite la superposition de deux logiques d’étiquetage sur un même produit.

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